Trois ans de silence. On a l’impression que c’est une éternité quand on attend le retour de la petite voiture préférée des Britanniques. La Ford Fiesta n’est pas morte. Il se cache juste à la vue de tous, en attendant que 2028 sorte de l’ombre.
Ford ne fait plus cela seul.
Ils se sont associés à Renault. Un véritable partenariat, pas seulement une poignée de main autour d’une table de réunion. Cette offre débloque l’accès à l’architecture AmpR Small. Vous connaissez celui-là ? Il embarque la Renault 5. La Nissan Micra. Même la prochaine Twingo. Ford prévoit de remettre le badge Fiesta sur ce squelette et de construire deux nouveaux modèles. Tous deux électriques. Tous deux visent un lancement avant la fin de la décennie.
Les fans pourraient soupirer. Peut-être même faire son deuil. Un puriste à essence détestera une Fiesta électrique. Mais Ford mise sur une chose : la dynamique de conduite.
Ils l’appellent « élevé en rallye ». De grands mots pour une voiture construite sur des pièces françaises partagées. Ford veut prouver que vous pouvez mettre une batterie partagée à l’intérieur tout en faisant danser la chose dans les virages. Ils promettent des conceptions distinctes. Réglage du châssis unique. Ils l’ont déjà fait avec les SUV Explorer et Capri qui partagent les os du Volkswagen ID.4 mais conduisent comme des animaux complètement différents.
Jim Baumbick, président de Ford Europe, affirme que le design, la direction et la sensation de freinage leur appartiendront. L’« ADN ». Il semble confiant. Trop confiant ? Nous verrons.
“Ford dirigera le développement… pour injecter l’ADN unique de Ford.”
Alors, concrètement, qu’est-ce que ce sera ?
Attendez-vous à ce qu’elle ressemble à une Fiesta, pas à une Renault 5 en traînée. Les concepteurs de Ford personnaliseront la plate-forme pour l’adapter à leur propre langage. Plus net. Plus dynamique. Les dimensions seront évidemment similaires à celles de la Renault puisque l’empattement et la position des roues sont fixes. Mais le corps ? C’est l’appel de Ford.
Et sous le capot – ou sous le plancher, vraiment ?
La Renault 5 propose au choix des batteries de 40 ou 52 kilowattheures. Le plus gros pousse la portée à 252 milles. Le moteur culmine à 148 chevaux. Bon pour une voiture de ville. Pas exactement suivre le territoire.
Ford affirme que ce partenariat est une question de rapidité et d’échelle. Ils construisent ces voitures en France. La nouvelle usine « ElectriCity » de Renault. Ils empruntent également le muscle R&D de Renault, apprenant comment ils ont conçu la Twingo en à peine deux ans. Ford veut la Fiesta dans les salles d’exposition d’ici 2028. C’est rapide pour l’industrie. Très rapide.
Y a-t-il de l’espoir pour les amateurs de vitesse ?
Le badge ST n’est pas mort avec la version ICE. Ford aime la performance. La Mustang GTD. Le Ranger Raptor. Ils se tournent vers les produits des passionnés. C’est leur pain et leur beurre.
Une version ST hautes performances pourrait-elle revenir ? Peut être.
L’Alpine A290 repose sur cette même plateforme AmpR. Il développe 217 chevaux aux roues avant. Il a des pneus plus larges, une suspension plus rigide et des freins plus gros. Prenez ce châssis, donnez-lui un badge Ford ST, et tout à coup, le segment électrique prend le pouls. Ford n’a pas encore dit oui. Mais Baumbick parle de liens émotionnels. Il parle de passion. La ST serait la passion, distillée en 0 à 62 fois en moins de huit secondes.
Qu’en est-il de l’autre modèle de ce duo ?
Ne pariez pas sur un retour de la Focus via Renault. Cette offre concerne les petites voitures. Des trucs sur le segment B. La Focus appartient au segment C, que Ford gère avec Volkswagen. Gardez donc en suspens vos attentes concernant un renouveau de la Focus.
Ce deuxième véhicule électrique d’origine Renault s’intégrera probablement aux côtés du Ford Puma Gen-E en tant que SUV “bébé” ou peut-être même fera revivre la plaque signalétique de la Ford Ka en utilisant la base de la Twingo. C’est une augmentation. Pas un remplacement. Ils essaient de combler les lacunes du marché électrique abordable, et non de remanier entièrement la gamme.
Il y a bien sûr un piège.
Aucune de ces voitures ne sortira des chaînes en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Ils viendront du nord de la France. Et tandis que Ford parle d’héritage emblématique, la réalité mécanique est un ADN partagé avec Paris et Nissan. Certains puristes n’apprécieront pas son goût.
Mais l’achèteront-ils quand même ?
Si la sensation de conduite est vive ? Si le prix est correct ? Si elle roule réellement comme une Ford devrait le faire ?
Le PDG de Ford, Jim Farley, affirme qu’ils combinent l’échelle industrielle avec l’esprit de Ford. « Amusant, performant, typiquement Ford. » C’est le pitch.
Il faudra attendre 2028 pour voir si le marketing du rallye tient la route ou s’il ne s’agit que d’un communiqué de presse habillé en promesse. L’écart semble large. Mais la voiture arrive.





























